Être(s) Forêt – Didier Hamey
Pour sa deuxième exposition temporaire de 2025, l’Auberge des Dauphins invite Didier Hamey, artiste gravure et sculpteur, à exposer une sélection de ses œuvres originales.
Né en 1962 à Dunkerque, Didier Hamey réside désormais à Saoû, dans la Drôme, mais reste marqué par l’ambiance des carnavals et leur folklore. Son travail, présent dans de nombreuses collections françaises ou étrangère est connu pour ses créations mêlant éléments de la nature et décors oniriques.
La représentation de ces êtres hybrides dévoilent un peuple fantastique, issu de la faune végétale nichant entre humus et canopée, résidant entre ombre en lumière.
Sa toute dernière série de gravures « Fiorii » tire son inspiration de la botanique. C’est un ensemble de pointes sèches représentant des fleurs aux multiples visages dans une palette de couleur rouge ardent et pourpre.
À travers « Être(s) Forêt », le spectateur est invité à renouveler son regard sur les mondes naturels à la lisière du sauvage, en réactivant la puissance de l’imaginaire. Tandis que les figures chimériques se laissent admirer, les sculptures, elles, donnent vie à des êtres en trois dimensions. La fragilité d’une aile de papillon vient s’assembler avec le déséquilibre d’une tige végétale ou la dureté d’une pince de crabe dans un mélange hétérogène en osmose avec la nature.
Charmants ou affreux ? Ce bestiaire sauvage est vivant. Il est là pour rappeler la vaillance de notre imaginaire […]. Un monde sauvage qui foisonne comme l’était la Nature oubliée par l’Homme.
Extrait d’entretien avec l’artiste :
- Aujourd’hui, votre atelier est situé au village de Saoû. Quelque chose de particulier a-t-il influencé ce choix ?
« C’est en revenant de vacances et en prenant les petites routes que complétement par hasard, j’ai eu envie de pousser la voiture jusqu’à la forêt de Saoû. J’étais avec mon premier garçon qui était en poussette et je n’avais qu’une envie c’était de m’enfoncer dans cette forêt attirante ! J’ai ensuite acheté une petite sculpture à une exposante sur la place du village. Elle m’a proposé d’exposer au Quai à Pont de Barret mais j’étais déjà tombé amoureux de Saoû, sa forêt et son Auberge des Dauphins, à l’époque abandonnée et fantomatique.«
- Vos œuvres gravées mêlent éléments naturels et silhouettes oniriques. En quoi l’environnement de la Drôme est-il une source d’inspiration ?
« Mon travail autour de la nature avait commencé avant mon arrivée ici, mais la chance d’habiter cet endroit me conforte dans le sens que je donne à ce travail. Comme une envie de recoller des pièces d’un chainon disparu entre l’Homme et la nature à la recherche d’un nouvel Eden.«
- En tant que glaneur, auriez-vous des conseils à donner aux flâneurs de la nature ?
« Je peux peut-être plus donner de conseils en matière de mycologie mais sinon pour ce qui est du glanage il ne faut pas avoir d’idée préconçue et ne faire fonctionner que ses yeux. Et souvent lorsque l’on reste très près du sol on peut trouver des merveilles qu’on ne voyait pas forcément debout ! »