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Photo d'archives de l'inauguration de l'Auberge des Dauphins montrant le bâtiment et des personnes.

Il était une fois l’auberge

Née de la rencontre entre un mécène et une forêt, l’Auberge des Dauphins connût une période de faste dans les années 1930. Aujourd’hui, le Département de la Drôme lui donne une seconde vie : celle d’une maison de site.

Le rêve d’un homme : Maurice Burrus (1882-1959)

Un industriel aux multiples facettes

Né en 1882 à Sainte-Croix-aux-Mines (Haut-Rhin), Maurice Burrus est issu d’une famille d’industriels ayant fait fortune dans le tabac. Après des études à Dole, à Paris et à Hanovre, il hérite des usines familiales de cigarettes avec son cousin André Burrus, en 1911.
Personnalité multiple, Maurice Burrus est homme public et politique (il sera élu député en 1932), mécène, collectionneur d’objets d’art, philatéliste de renommée mondiale, passionné d’archéologie (il financera les fouilles de Vaison-la-Romaine) … et grand propriétaire foncier.

L’achat de la forêt

C’est en 1924 que Maurice Burrus achète la forêt de Saoû dans l’idée d’en faire une réserve de chasse et un élevage de brebis de Shetland. Il change rapidement d’avis et entreprend d’aménager la forêt pour l’ouvrir au tourisme vert. Il lance un vaste plan d’aménagements avec un programme de reboisement, l’installation de tables de pique-nique ou la création d’une piste carrossable faisant le tour du massif. La création de l’auberge vient couronner le programme.

Portrait de Maurice Burrus, bâtisseur de l'Auberge des Dauphins.
Portrait de Maurice Burrus, bâtisseur de l’Auberge des Dauphins. © Fonds Paul Burrus

La première vie de l’auberge

Naissance de l’auberge

Pour réaliser l’auberge, Maurice Burrus fait appel à un architecte installé à Romans sur Isère : Paul Boyer. Celui-ci imagine une construction simple et fonctionnelle sur deux niveaux avec un rez-de-chaussée réservé au restaurant, bar et cuisine et un niveau supérieur dédié aux chambres.
S’inspirant de l’architecture du Grand Trianon à Versailles, l’esthétique est résolument néo-classique : symétrie de la composition, portique d’entrée avec colonnes d’ordre dorique, balustrade, baies en plein cintre…
Le traitement même de la façade en faux appareillage imite les constructions en pierres de taille.
Mais si le style évoque une architecture du 18e siècle, la structure est quant à elle bien moderne. En effet, toute l’auberge est bâtie en béton armé.

Portrait de Paul Boyer, architecte de l’Auberge des Dauphins.
Portrait de Paul Boyer, architecte de l’Auberge des Dauphins. © Fonds Boyer
Les années fastes

Dès son inauguration en octobre 1930, l’auberge va marquer les esprits par le faste des fêtes qui y sont données. Fêtes vénitiennes, fanfares, concerts vont ponctuer pendant une décennie la vie de l’auberge. Celle-ci devient rapidement un lieu prisé des Drômois, aussi bien de la bourgeoisie d’affaires que des familles ouvrières venues profiter d’un moment de détente dans la forêt.

La qualité de la table participe aussi grandement à la renommée de l’auberge grâce au maître d’hôtel Jaubert, homme de culture polyglotte. L’auberge sera ainsi gratifiée de deux macarons et trois fourchettes au guide Michelin de 1934 à 1936.

Du déclin à l’oubli

La prospérité sera de courte durée. La seconde guerre mondiale donne un coup d’arrêt à l’exploitation de l’auberge. Après guerre, la forêt de Saoû et son auberge ne feront plus partie des préoccupations de Maurice Burrus. L’auberge décline progressivement. Vidée, inexploitée, le bâtiment se dégrade inexorablement et n’est plus qu’un simple décor occasionnel pour photos de mariage.

Le renouveau : la nouvelle Auberge

Acquisition par le Département

Lorsque le Département fait l’acquisition de la forêt en 2003, l’auberge menace ruine : un arrêté de mise en péril est en cours.
Une fois des travaux de mise en sécurité réalisés, la question du devenir du bâtiment se pose de nouveau.
Le projet de créer une maison de site est décidé. Son objectif : permettre aux nombreux visiteurs de mieux connaître la forêt, d’éveiller leur curiosité aux richesses naturelles et patrimoniales du site et de créer un lieu où culture et nature puissent dialoguer.

Découvrir le projet culturel

Le projet architectural de l’atelier Philippe Madec

Pionnier du développement durable en urbanisme et architecture, Philippe Madec développe une approche éco-responsable du projet architectural et urbain depuis le début de sa pratique professionnelle.
Pour l’Auberge, l’intégralité du bâtiment ancien est conservé en le traitant comme un Monument Historique. C’est à l’arrière de l’auberge historique qu’est enchâssé un nouvel espace de bois et de verre abritant les locaux techniques ainsi que l’ensemble des circulations nouvelles (escaliers, ascenseurs), permettant à tous d’accéder aux différents niveaux d’exposition.

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